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A L’ATTENTION DES ADHÉRENTS DU SBBPL ARMORIS

Publié le : 25 octobre 2022

Cher (e) Adhérent (e),

 

Les journées automnales de septembre 2022, par l’engouement qu’elles ont suscité, et ce malgré l’absence des fournisseurs, nous ont permis de confirmer la bonne santé de notre syndicat.  Traditionnellement, placées sous le signe de la convivialité et de la confraternité, elles n’ont pas dérogé à la règle. Point remarquable, elles ont permis de réunir des biologistes d’horizon et de générations très diverses, situation insolite dans le paysage de la biologique française 2022, où l’esprit de chapelle tendait à prévaloir.

 

Cela traduit, sans nul doute, l’attachement des biologistes à la biologie en tant que spécialité médicale à part entière, ainsi que la prise de conscience que l’heure n’est plus à combattre pour un mode d’exercice mais bien plus à s’unir pour défendre une profession dont nous avons la conviction qu’elle ne pourra s’élever que si elle embrasse résolument la voie de la médicalisation.

 

Puisque « L’histoire est un grand présent et pas seulement un passé », la relecture de l’histoire récente de la biologie française établit le constat d’échec de la médicalisation. L’épidémie COVID, en plaçant le biologiste et la biologie au cœur des évènements, a ouvert de nouvelles perspectives et de nouveaux espoirs de médicalisation. Cependant, les opportunités offrent autant de perspectives que de risques.

 

Un constat et une opportunité : 

 

La dissociation entre propriété des laboratoires et exercice de la biologie est devenue aujourd’hui, sinon un fait majoritaire dans notre pays, au minimum un nouveau cadre d’exercice professionnel pour les biologistes médicaux. La réforme de 2009, dite réforme Ballereau, n’a pas seulement institué l’accréditation des laboratoires de biologie médicale, elle a également refaçonné le mode d’exercice des praticiens qui les dirigeaient. Le terme de directeur de laboratoire a disparu au profit de celui de biologiste responsable, préparant le lit de la dépossession de l’outil de travail auquel on allait assister ces dix à douze dernières années.

 

Quelles que soient l’organisation et la distribution du capital de nos structures, la direction administrative, comptable ou sociale des laboratoires a suivi le mouvement centrifuge des regroupements et de la massification, et force est de constater qu’elle n’incombe, le plus souvent, plus aux biologistes.

Le recentrage du métier de biologiste, « vendu » par la « réforme Ballereau », vers des activités purement médicales n’a pas été, jusqu’à présent, à la hauteur des espérances que pouvaient nourrir les biologistes lors des discussions initiales avec la commission. Plusieurs explications à ce constat peuvent être données.

 

En premier lieu, l’objectif même de la réforme était moins la valorisation d’une profession de santé, que celui de concentrer et standardiser les unités de production des analyses de biologie médicale à des fins de baisse du coût pour la collectivité.

En second lieu, l’échec de la mise œuvre de la « médicalisation » de la biologie pratiquée dans ce cadre. Echec expliqué, qu’en dépit des mots et des intentions réelles ou supposées de la tutelle à l’époque, aucune ligne forte de reconnaissance de notre métier comme un métier de soins – consultations, prescriptions, coordination – n’a été actée dans la réforme et encore moins honorée par une convention avec l’assurance maladie.

 

La pandémie COVID a montré les ressources et l’agilité de la profession. En répondant à la demande de soins et de remontée de l’information (SIDEP), nous avons montré la réactivité et la force du réseau de laboratoires Français. Malheureusement, la démonopolisation des actes de biologie s’est accentuée. Elle existait par le haut (pour les actes réservés) et elle s’est instituée par le bas (pour les TRODs).

Face à ce constat, une opportunité apparaît plus que jamais, celle d’aller au bout de la réforme Ballereau. Il s’agit mais bien de revendiquer l’exercice d’un métier de soins avec toutes les prérogatives qui y sont usuellement attachées.

Un changement de paradigme :

Le SBBPL, « vieux » syndicat de praticiens a développé pendant plus de quarante ans une foultitude de services pour ses adhérents (les biologistes), essentiellement orientés sur l’optimisation de l’outil de travail.

 

Le mouvement naturel de dépossession de l’outil de travail et la marginalisation de l’exercice libéral, nous ont conduit naturellement à nous séparer des activités de services apportées aux laboratoires et en particulier de celles portées par la centrale d’achats. Malgré tout, nous avons choisi de conserver les services liés à l’exercice – ceux nécessaires ou obligatoires pour l’exercice de la profession de santé : téléfacturation (portée par un numéro CPS d’un professionnel) et formation continue (DPC, Certification des praticiens).

 

La partie service, réduite à sa portion congrue, la question de l’avenir de l’objet sociale du SBBPL affleure. Une adaptation aux évolutions et enjeux environnementaux s’impose naturellement. Au seuil de la maturité, le SBBPL, sur les bases de la philosophie « praticienne » qu’il a toujours défendue, doit envisager la refonte de son objet social, et porter une doctrine « praticienne » auprès des biologistes et pour la biologie médicale.

 

Le très grand pouvoir de fédération, entre tous les modes d’exercice de la profession, dont, a fait preuve le SBBPL au cours de son histoire, le positionne naturellement pour continuer sur ce chemin.

 

S’appuyant sur le constat fait précédemment, le SBBPL pourrait développer une doctrine axée sur la promotion et la défense d’un exercice clinicien ou praticien de la biologie médicale. Ceci signifie que les prérogatives des professionnels de santé de son niveau de qualification (i.e. médecins spécialistes) doivent être reconnues aux biologistes médicaux.

 

La prescription raisonnée et l’interprétation des examens de biologie médicale dans telles ou telles situations physiopathologiques données devraient être reconnues comme relevant de sa compétence, sinon exclusive, au minimum d’avis spécialisé. Ces actes auxquels s’ajouteraient nécessairement ceux de l’organisation d’une prise en charge et l’orientation adaptée des patients au vu des résultats « préoccupants » qu’ils pourraient révéler, devraient de leurs côtés être reconnus comme participant pleinement au parcours de soins et être honorés comme tels.

 

Il y a là quelques pistes simples pour faire reconnaître pleinement le métier de biologiste comme celui d’un soignant et non pas comme celui d’un simple producteur de résultats d’analyses. Elles peuvent être déclinées avec des exemples précis, dans le domaine du soin, de la prise en charge ou de la prévention.

 

Une ambition nouvelle :

 

Alors que les périls couvent comme jamais (dévalorisation massive des actes, remise en cause du « n sites n bios »), la nécessité d’agir se fait impérieuse. Le SBBPL pourrait sans nul doute porter cette ambition nouvelle pour lui et pour ses adhérents, voire un peu plus. Son histoire a pu consacrer, ici ou là, sa force politique à une époque où il s’agissait de fédérer, sur le terrain, l’exercice de professionnels libéraux – par nature indépendants – pour leur donner une force collective qu’ils n’auraient jamais eu tous seuls.

 

Aujourd’hui l’ambition est d’une autre nature bien sûr, avec un périmètre élargi au territoire national.  Mais, il faut bien admettre qu’aucune structure existante représentative de la profession ne semble capable de porter un tel projet. Les organisations représentatives de la profession sont en effet très nombreuses, en raison de l’hétérogénéité des modes d’exercices d’une part et des querelles de chapelles d’autre part – celle-ci n’étant pas la moindre d’ailleurs.

 

Aucune, excepté l’Ordre Nationale des Pharmaciens (Section G) ne fédère réellement la profession. Le cas de la Section G de l’Ordre des Pharmaciens doit être mis à part – si son pouvoir de fédération est sur le papier total (excepté pour les médecins biologistes inscrits au CNOM) en raison de la nécessité d’inscription pour le droit d’exercice et la garantie qu’il apporte   aux patients sur la « qualité » des praticiens, son pouvoir est inexistant en matière de droits syndicaux et en particulier pour tout ce qui concerne la tarification des actes par l’Assurance Maladie.

 

En convoquant à nouveau son histoire, celle de la fédération de l’exercice de la profession qu’elle que soit l’origine, le diplôme de base ou le mode d’exercice, le SBBPL pourrait réussir à dépasser les fractures artificielles qui minent la profession !

 

 

Olivier GARNIER – Jean François DEZIER