Poitou-Charentes

L’hôpital de Châtellerault a réorganisé ses équipes et recruté des médecins depuis le rapport de la CRC.

L’hôpital de Châtellerault a réorganisé ses équipes médicales et chirurgicales et procédé à des recrutements notamment pour son service d’anesthésie-réanimation, depuis les conclusions du rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) Aquitaine-Poitou-Charentes, a indiqué vendredi à l’APM le directeur du groupe hospitalier (GH) Nord-Vienne, Jean-Claude Coquema

Ce rapport, rendu public mardi, a étudié l’attractivité, les dépenses de personnel et la situation financière du centre hospitalier (CH) de Châtellerault à partir de 2006. L’établissement a fusionné au 1er janvier 2014 avec le CH de Loudun, situé à environ 50 km, pour créer le GH Nord-Vienne.

Dans la partie sur le personnel médical, la CRC observe qu’en 2012, les effectifs médicaux ont augmenté de 8,9% par rapport à 2011, les dépenses de personnel médical de 8,3% alors que l’activité n’a progressé que de 4,6%. Elle pointe aussi les pratiques de l’hôpital en matière de recrutement de praticiens contractuels “qui ne paraissent pas conformes aux dispositions du code de la santé publique en ce qui concerne les modalités financières”.

“Au regard du fonctionnement de certains services de l’établissement, un contrôle du temps médical plus régulier permettrait d’éviter une rupture de la permanence des soins du fait d’une présence médicale parfois aléatoire au service des urgences et, à tout le moins, non contrôlée par le chef de service”, souligne-t-elle.

Sur le personnel non médical, elle appelle l’établissement à veiller à une application stricte des règles régissant l’aménagement et la réduction du temps de travail et à définir le temps réservé aux pauses méridiennes. Elle estime que l’hôpital a retenu un seuil horaire inférieur à ceux applicables.

Le directeur a jugé le rapport “extrêmement mesuré” car il reconnaît l’attractivité et l’offre de soins de l’hôpital, avec une activité en hausse de 30% sur la période 2006-14 (+4% en 2014), et les coopérations développées avec les CHU de Poitiers et de Tours (situés respectivement à 30 et 70 km). Il ne relève aucune anomalie majeure dans la gestion de l’établissement, a-t-il souligné.Retour ligne automatique
Jean-Claude Coquema a affirmé que l’accord sur les 35 heures était conforme aux textes.

URGENCES : DES ADAPTATIONS DEJA FAITES OU EN PROJET

S’agissant des urgences, “le problème a été réglé” en réorganisant l’équipe et en étant plus vigilant sur les temps médicaux, a-t-il expliqué. L’hôpital a aussi revu les circuits des patients aux urgences en créant une unité de médecine polyvalente post-urgences. Un logiciel de gestion des lits en temps réel a été installé et “marche très bien”.

Jean-Claude Coquema évoque aussi un nouveau plan d’action pour adapter les urgences, le nombre de passages annuels étant passé de 13.000 en 2000 à plus de 20.000 actuellement avec une perspective à 25.000. Un projet d’extension ou de construction d’un nouveau bâtiment, estimé à environ 5 millions d’euros, est en cours de réflexion, pour une ouverture en 2017. Il est notamment prévu de mettre en place une filière courte.

L’hôpital a recomposé les équipes médicales et chirurgicales et a reconstitué son équipe d’anesthésie avec sept praticiens, alors qu’”il n’y en avait plus que deux à un moment”, a noté le directeur. Une activité d’ORL va être lancée dimanche. Alors que la CRC recommandait de revoir la taille du bloc opératoire à la baisse, il a expliqué que le rapport avait été réalisé à un moment de “basses eaux” et que la chirurgie avait connu une phase d’expansion en 2013 et 2014. Cette activité est d’ailleurs renforcée par les consultations avancées mises en place sur le site de Loudun et qui fonctionnent “extrêmement bien”, a-t-il ajouté.

Sur les conditions financières de recrutement de praticiens contractuels, il a justifié son choix de les payer 20% en plus, en soulignant que cela lui avait permis de ne pas faire appel à une agence d’intérim et de payer encore plus cher.

En vue des futurs groupements hospitaliers de territoire (GHT) prévu dans le projet de loi de santé, il a indiqué qu’une réflexion avait été lancée avec le CHU de Poitiers pour élaborer un projet médical partagé. La mise en place de filières de soins sur la prise en charge du diabète et de l’insuffisance rénale chronique sera explorée d’ici juin. Il existe déjà des coopérations sur la périnatalité et la cardiologie par le biais de fédérations médicales interhospitalières, a rappelé le directeur.

UN PROJET D’ETABLISSEMENT ET DES CONTRATS DE POLE EN JUIN

La CRC reproche à l’établissement l’absence de contrats de pôle et d’objectifs d’activité, ce qui “participe à diluer la cohérence médicale de l’offre de soins”. Elle lui recommande de mettre en place un mécanisme d’intéressement des pôles aux résultats obtenus.

Le directeur a indiqué que le projet d’établissement 2012-17 du CH de Châtellerault était en cours de mise à jour afin de tenir compte de la fusion avec le CH de Loudun et de l’actualiser sur plusieurs points notamment les ressources humaines. Il devrait être adopté en juin, concomitamment aux projets de pôle et à la signature des contrats de pôle.

S’agissant de la situation financière, Jean-Claude Coquema a observé que l’établissement était à l’équilibre et que la gestion était “saine”, alors même qu’en 2014, les deux sites du GH Nord-Vienne ont vu leurs recettes diminuer d’1 million d’euros en raison essentiellement de la baisse des tarifs.

Il a précisé que la marge brute s’élevait à environ 13% et que l’endettement représentait six mois d’exploitation.

Rapport de la CRC Aquitaine-Poitou-Charentes sur le CH de Châtellerault